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Un industriel face l’actualité…

Vincent Vallée, p-dg d’Appolia

mercredi 5 octobre 2011, par Audrey Chaussalet

Effets d’annonces ou vrais chantiers, le gouvernement met, en 2011, les industriels français sur les feux de la rampe. Nouveaux brevets, taxes, normes… Vincent Vallée nous parle de son entreprise et nous donne son point de vue sur les actions menées par le gouvernement.

Considérez-vous que le brevet unique européen, qui devrait être mis en place d’ici à la fin de l’année, sera un système plus simple, moins cher et plus solide pour votre entreprise ?

Le brevet unique européen est une nouveauté sur la forme, mais sur le fond… Actuellement, nos produits sont déjà soumis à une protection de modèle communautaire, mais la protection est toute relative. La protection intellectuelle est abritée par les tribunaux de grande instance. Et si contentieux il y a, c’est à la cour d’appel de trancher. Le problème, c’est que le détenteur du modèle n’est pas sûr d’obtenir gain de cause. Il y a même une probabilité sur deux qu’il échoue. Un investissement coûteux au final, qui démoralise plus d’une marque de saisir la cour d’appel. Donc, la protection, elle existe en théorie… mais, en pratique, rien n’est moins sûr.

Êtes-vous d’accord avec l’idée évoquée par Éric Besson*, ministre
de l’Industrie, de mettre en place une TVA anti-délocalisation ?

Cette idée mériterait d’être creusée. Aujourd’hui, le coût de la main-d’œuvre
en France s’élève à la moitié du prix de revient d’un produit. Pour un euro perçu par un salarié, l’entreprise payera 1,80 euro. La baisse du coût du travail en France est donc impérative pour permettre aux entreprises qui fabriquent en France de rester compétitives. Je n’aime guère ce terme de “TVA anti-délocalisation”, car il connote une notion de défense des entreprises françaises, alors que nous sommes passées dans une ère offensive. Aujourd’hui, nos coûts de main-d’œuvre, charges comprises, sont devenus trop élevés pour que nos produits puissent être compétitifs à l’export. À cela, vous ajoutez un euro fort par rapport aux dollars, et le
prix de nos produits s’envolent par rapport à la concurrence. Mais, la distribution va s’opposer à cette réforme. Car il n’est pas dans son intérêt de vendre des produits plus chers ! Donc, elle va exercer un lobbying sur le
gouvernement qui, je le crains, sera obligé de plier. Aujourd’hui, le poids des industriels est faible comparé à celui de la distribution. Si de nouveaux
magasins ouvrent tous les jours, je ne vois pas, à l’inverse, de nouvelles usines se créer. Pourtant, le travail supporte beaucoup trop de charges. La consommation pourrait bien en prendre un peu à son compte. Et pour maintenir du pouvoir d’achat dans notre pays, il suffirait que le gouvernement baisse le coût global (salaire net + charges patronales) et
que les entreprises en rétribuent une partie à leurs salariés.

Votre entreprise est-elle certifiée Iso 14001, cette norme qui vise à mesurer, évaluer et réduire l’impact environnemental de vos activités sur
l’environnement ?

Nous ne sommes pas certifiés, mais notre objectif est de le devenir dans
les deux prochaines années. Pour ce faire, nous avons d’ailleurs déjà mis en place certaines procédures, comme le recyclage de tout ce qui peut être récupérable. Nous avons ainsi donné une seconde vie à nos déchets et trouvé des clients intéressés par ces derniers. Nous avons communiqué auprès de nos équipes sur l’optimisation de notre consommation d’énergie,
et notamment sur le réglage des fours de cuisson. Nous avons également supprimé le carton de tous nos emballages. De cette manière, nous avons sensibilisé les équipes au bon usage et à la gestion des ressources, ce
qui a apporté un sentiment de satisfaction chez les salariés. Ceux-ci ont, en effet, bien perçu la dimension sociale et environnementale que leur
insuffle notre entreprise. Nous sommes dans une démarche globale sur le site de fabrication. Dans un second temps, nous avons l’intention de travailler sur la logistique et le transport de nos produits.

Quel est le rôle des femmes dans votre entreprise ?

Je n’ai aucun a priori à l’embauche. Le seul critère qui vaille est celui de la
compétence ! Je constate juste qu’au fil du temps, l’entreprise s’est féminisée et, aujourd’hui, la parité hommes/femmes est égale. Les femmes, à poste équivalent, perçoivent le même salaire que les hommes. Cela me sidère qu’en 2011, il faille une législation pour mettre en place des choses aussi naturelles. L’outrance des procédures juridiques ne favorisent pas l’essor des petites entreprises.

*« Transférer des charges des entreprises vers un impôt reposant sur une autre assiette, comme la consommation, mérite d’être débattue. Le coût du travail fait partie des éléments clés de la compétitivité. Or, en France, une partie très importante de ce coût correspond à des charges sociales et fiscales. Les charges sociales représentent 53 % du coût du travail en France, contre 40 % Outre-Rhin. »

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