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Mathon, second souffle

lundi 27 août 2012, par Clarisse Bouillet

Après son placement en redressement judiciaire en février, Mathon, spécialiste de la vente à distance d’articles culinaires, a trouvé un repreneur : Labruyère Eberlé, groupe mâconnais spécialisé dans la distribution alimentaire. Sébastien Bouvet-Labruyère, nouveau président de Mathon, et François-Marie Barrès, directeur du développement, donnent leur vision de l’avenir de la société.

Table&Cadeau : Labruyère Eberlé est connu pour ses activités dans la distribution alimentaire, notamment l’exploitation de franchises Carrefour. Le rachat d’une ensei­gne de vente spécialisée comme Mathon marque-t-il une nouvelle orientation  ?

Sébastien Bouvet-Labruyère : Les ustensiles de cuisine et la VPC sont effectivement des secteurs nouveaux pour nous, mais le groupe Labruyère Eberlé n’est pas uniquement spécialisé dans la distribution alimentaire. Nous avons certes des hypermarchés en partenariat avec Carrefour, mais aussi d’autres activités, comme des domaines viticoles. En fait, Labruyère Eberlé est un groupe familial centenaire qui a toujours suivi les évolutions des formes de commerce : d’abord épicier, puis créateur de grands magasins, grossiste alimentaire, etc. Le rachat de Mathon est tout simplement un moyen intéressant de nous développer vers l’e-commerce.

Qu’est-ce qui vous a intéressé chez Mathon  ?

S.B.-L. : L’entreprise a une très bonne connaissance du secteur de la cuisine dans lequel elle est présente depuis plus de 20 ans, c’est un premier atout. Mais c’est aussi son mode d’organisation, celui de la VPC et sa logistique, qui nous a séduit, parce qu’il est particulièrement adapté au e-commerce.

Quelles ont été les difficultés qui ont poussé au placement en redressement judiciaire de Mathon  ?

François-Marie Barrès : Nos chiffres d’exploitation étaient bons mais nous trainions une dette importante de 10 millions d’euros. Celle-ci a fini par nous poser des difficultés, notamment pour notre stock qui, en début d’année, était vide à 60 %. Impossible de répondre dans des délais acceptables aux commandes des clients. Le groupe Labruyère Eberlé nous a permis de repartir avec un bilan sain et de re-stocker complètement.

Comment envisagez-vous l’avenir de Mathon ? Quels sont vos projets ?

S.B.-L. : Mathon va rester sur son créneau, celui des outils culinaires professionnels à destination des particuliers. Nous allons surtout travailler l’offre produits, avec plus de nouveautés, et une meilleure communication sur les produits en marque propre, qui sont d’un excellent rapport qualité-prix. Un autre axe sera bâti autour d’une communication plus personnalisée auprès des différents types de clientèles, avec, par exemple, des newsletters plus ciblées.
F.-M. B. : Nous disposons d’une base de près de 700 000 clients et plus d’1 million d’abonnés actifs à nos newsletters. La force de la vente à distance, c’est justement cette connaissance du client : on sait ce qu’il a acheté, ce qui l’intéresse, d’où l’idée de person­naliser la communication. Nous comptons également créer l’année prochaine un « Mathon Live » sur le Web, où nous mettrons en avant nos idées et conseils d’utilisation. Nous testons tous nos produits en interne, ce qui nous permet entre autres de les garantir trois ans, nous allons mettre en avant ce rôle de conseil, un peu comme un détaillant
physique.

Justement, envisagez-vous de créer des boutiques ?

S.B.-L. : C’est une piste que nous étudions car la distribution physique est un aspect de plus en plus important dans la vente en ligne. L’heure est à la multiplication des points de contact et au multicanal. Mais il y a d’abord une vraie réfle­xion à mener sur ce que serait le positionnement de ce magasin...

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