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Trois questions à…

Jean-Louis Beffa, auteur de La France doit choisir

vendredi 2 mars 2012, par Audrey Chaussalet

Le livre La France doit choisir, de Jean-Louis Beffa, paru aux éditions Le Seuil en janvier dernier, s’est déjà vendu à près de 10 000 exemplaires. Il y dénonce notamment les difficultés rencontrées par l’industrie française et la nécessité absolue, selon lui, d’aider nos entreprises à innover et à mieux exporter leurs produits. Comment ? Jean-Louis Beffa nous livre quelques éléments de réponses.

Table&cadeau : Dans votre livre, vous décrivez deux principaux modèles de développement éco­nomique. Quel est, selon vous, celui dans lequel s’inscrit la France ?

Jean-Louis Beffa : Dans les années 1980, la France a basculé d’un modèle industriel et commercial vers un modèle que j’appelle libéral-financier, avec des industries gérées par des actionnaires qui réalisent des investissements avec une vision à court terme. Un système économique influencé par les États-Unis et la Grande-Bretagne. Le modèle libéral-financier est incarné par l’Allemagne, le Japon, la Chine actuelle et la Corée du Sud. Dans La France doit choisir, j’explique qu’il me semble urgent que la France redevienne compétitive sur le commerce extérieur.

Comment les industries françaises peuvent-elles reconquérir des parts de marché à l’export ?

J. L. Beffa : Tout d’abord, 80 % des exportations sont issues des moyennes et grandes entreprises. Ensuite, 80 % des innovations en Recherche&Développement, qui est vraiment, pour moi, le facteur de différenciation dans la compétitivité, au-delà des facteurs du coût du travail, sont aussi issues des moyennes et grandes entreprises. Pour les entreprises, la principale mesure est de mettre fin à la primauté absolue de l’actionnaire pour favoriser un actionnariat salarié, en associant, par exemple, des syndicats dans les conseils d’administration. Aujourd’hui, en France, les entreprises et les politiques ne se parlent plus. S’il n’y a pas plus d’unité nationale, la France va perdre du pouvoir d’achat et de son influence dans le monde. Le patriotisme industriel peut avoir un sens concret et moderne. En axant ses réformes sur le consommateur, le gouvernement a oublié la phase “producteur”. Si nous continuons, la France aura des consommateurs heureux, mais sans argent ni producteurs.

Justement. Quels sont, pour vous, les atouts de la France ?

J. L. Beffa : L’art de vivre, tant sur le plan culturel qu’environnemental, est une de nos singularités. Mieux tirer profit de nos valeurs gastronomiques et de notre tissu industriel du luxe est un de nos enjeux à venir. Comment ? En attirant, par exemple, la clientèle chinoise – les classes moyenne et supérieure étant de plus en plus importantes et de plus en plus riches – plus souvent et plus longtemps dans notre pays.

Pensez-vous que la création du label « Origine France garantie » qui garantit le « Made in France » peut aider les entreprises à mieux vendre à l’export ?

J. L. Beffa : Cela me paraît insuffisant pour changer le comportement d’achat des consommateurs internationaux. Le succès de l’industrie allemande est basé sur l’écoute et le service. Les entreprises françaises, vues par l’étranger, sont à l’opposé de cette image. J’attends des candidats aux présidentielles qu’ils fassent de l’industrie exportatrice l’une de leur priorité. La compétitivité de la France sur le plan du commerce extérieur est, pour moi, cruciale.

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