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Un industriel face à l’actualité…

Alexandre Dubost, p-dg de Jean Dubost

mercredi 21 septembre 2011, par Amandine Benoit

Effets d’annonces ou vrais chantiers, le gouvernement met, en 2011, les industriels français sur les feux de la rampe. Nouveaux brevets, taxes, normes… Alexandre Dubost nous parle de son entreprise et nous donne son point de vue sur les actions menées par le gouvernement.

Considérez-vous que le brevet unique européen, qui devrait être mis en place d’ici à la fin de l’année, sera un système plus simple, moins cher et plus solide pour votre entreprise ?

Alexandre Dubost : Les dépôts de brevet concernent un nouveau procédé de fabrication, ou un nouveau matériau. Ils sont donc moins fréquents que les dépôts de modèles et de marques, qui, eux, protègent de la contrefaçon. Pour chacun de nos produits, nous déposons de façon
systématique un brevet de modèle et de marque communautaire, qui couvre 27 pays. Néanmoins, pour des produits destinés au grand export, nous étendons les dépôts de modèles et de marques à l’international, en ciblant les pays dans lesquels le produit sera distribué. Car tout cela a
un coût : il faut compter 500 euros pour un dépôt de modèle communautaire et 1 000 euros pour un dépôt de marque. À l’échelle
internationale, la fourchette se situe entre 5 et 10 000 euros. Au final, nous sommes peu concernés par le brevet unique européen. D’autant que c’est l’arlésienne, puisque cela fait environ quinze ans que les politiques en parlent !

Êtes-vous d’accord avec l’idée évoquée par Éric Besson*, ministre
de l’Industrie, de mettre en place une TVA anti-délocalisation ?

A. D. : Les charges sociales et fiscales représentent en France 53 % du coût du travail, contre 40 % en Allemagne. Aussi, le fait de réduire le coût du travail, en le transférant sur une TVA, pourrait servir à améliorer la compétitivité des entreprises françaises. Mais, il y a évidemment une contre-partie. Chez Jean Dubost, nous réalisons 50 % de notre chiffre d’affaires à l’export et 50 % en France. Une TVA anti-délocalisation nous permettrait de devenir plus compétitifs à l’export. En France, en revanche, une augmentation des biens de consommation, même de 1 ou 2 %, impactera forcément la consommation. Une baisse de notre chiffre d’affaires sur le marché français serait donc à prévoir. D’autant qu’en France, nous sommes déjà sur un équilibre instable. Il faut trouver des solutions pour faire baisser les charges sociales et fiscales des entreprises, mais toucher
à la TVA serait néfaste pour le commerce ! Pourquoi ne pas aider les entreprises en finançant, par exemple, des crédits d’impôts dans le domaine de la recherche et du développement ?

Votre entreprise est-elle certifiée Iso 14001, cette norme qui vise à mesurer, évaluer et réduire l’impact environnemental de vos activités sur
l’environnement ?

A. D. : Nous n’avons pas encore la certification Iso 14001. Mais notre entreprise est située en Auvergne, au milieu des chaînes de montagnes, soit un cadre naturel que nous avons à cœur de protéger. Le respect de l’environnement fait donc partie de notre quotidien. C’est pour cette raison que l’entreprise travaille sur l’obtention de la norme. Parmi les démarches internes entreprises, nous essayons de gérer de façon optimale nos déchets. Tous nos cartons d’emballage, par exemple, sont récupérés et recyclés en papier. Nos contre-dépouilles d’acier sont, ensuite, récupérées par une
fonderie pour d’autres produits que des couteaux. Par ailleurs, nous avons investi dans un broyeur, qui nous permet de récupérer les matières, notamment le plastique, pour réaliser d’autres manches de couteaux. Même si nous utilisons de plus en plus de matières naturelles : nous remplaçons les manches en plastique de nos couteaux par de l’amidon de maïs. En 2008, nous avons obtenu la certification PEFC, qui garantit la provenance de bois issus de forêts gérées, sur nos couteaux de cuisine avec des manches en bois. Enfin, nous essayons de réduire les émissions de CO2 dans le transport de nos produits. Nous avons mis en
place un partenariat avec un logisticien, qui centralise notre marchandise et celle de ses autres clients dans un seul dépôt logistique pour, ensuite, dispatcher les commandes sur le territoire. Un groupage de marchandise,
qui nous a permis de réduire le flux de camions venant à notre société de 60 %. Autant d’avancées nécessaires avant d’entamer une démarche auprès d’un laboratoire qui délivre la certification. L’année prochaine, nous devrions faire appel à un laboratoire.

Quel est le rôle des femmes dans votre entreprise ?

A. D. : C’est un débat médiatique ! Dans notre société, ce sont plutôt les hommes qui sont en minorité. Le service achat et logistique est tenu à 100 % par les femmes. Tout comme le conditionnement, la préparation et l’administratif. Les femmes sont également présentes, à hauteur de 40 %, au sein du service commercial et à la production. Nous comptons 32 femmes sur 47 salariés. Le débat n’a donc pas lieu d’être dans notre entreprise. Mais dans les domaines privés ou publics, les femmes semblent avoir des difficultés à trouver leur place.

*« Transférer des charges des entreprises vers un impôt reposant sur une autre assiette, comme la consommation, mérite d’être débattue. Le coût du travail fait partie des éléments clés de la compétitivité. Or, en France, une partie très importante de ce coût correspond à des charges sociales et fiscales. Les charges sociales représentent 53 % du coût du travail en France, contre 40 % Outre-Rhin. »

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